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La vie suit son cours |
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En paroisses nouvelles, les événements
se font rares; les jours, les saisons se vivent à peu près toujours de la même façon.
Des colons nouveaux ajoutent une note différente; des mariages sont l'occasion de petites
fêtes; des naissances viennent combler le coeur des papas. Le tableau ne serait pas
complet sans les sépultures de plusieurs bébés et surtout de jeunes femmes mortes de
misère. Je dis de «misère» parce qu'elles sont mortes faute de soins au bon moment.
Donc, pour la famille Arguin, la vie continue. La terre
défrichée s'agrandit, les bâtisses se succèdent, un autre «campe», mais celui-ci,
confortable, remplace la première ébauche; la grande maison sera construite seulement en
1937. S'ajoutera la grange-étable pouvant loger douze vaches; un poulailler viendra
compléter les besoins. En 1940, Achille et ses garçons pouvaient être considérés
comme cultivateurs. Le quota de primes données par le gouvernement était épuisé; le
revenu venait maintenant principalement des animaux.
Les primes étaient vraiment essentielles au début. Sans
elles, la vie aurait été insupportable. La terre ne produisait pas suffisamment à
longueur d'année et à cause de la crise, les produits se vendaient pour une bouchée de
pain. Le paiement de ces primes n'arrivait que l'automne, mais il était assuré. Quelle
Providence que ces gouvernements...! Les marchands faisaient confiance aux colons et leur
fournissaient des provisions tout l'été. Rarement, le chèque suffisait à effacer le
compte en entier. On bûchait du bois, mais le marché était si peu actif que plusieurs
restaient endettés à l'année longue.
La grosse misère était finie quand on pouvait compter
sur une établée d'animaux. Papa, avec ses cinq garçons dont le plus jeune avait 15 ans,
n'avait eu aucune difficulté à faire la grandeur d'abatis demandée par le gouvernement.
D'ailleurs, le plus vite on éloignait les feux d'abattis (5) des bâtisses, plus on éloignait le
danger d'incendie désastreux.

Chacun vieillissant, les garçons sont partis pour voler
de leurs propres ailes. On ne faisait plus d'abatis. Les semences, les foins, les
récoltes et la préparation du bois de chauffage réussissaient à occuper toutes les
saisons.
La vie ne se passait pas seulement à exécuter des
travaux de ferme, à bûcher du bois et, pour les épouses, à soigner les petits.
Celles-ci prenaient du temps pour se cultiver et développer de nouvelles habiletés.
L'apprentissage du tissage en est un exemple. En ouvrant cette parenthèse au sujet du
tissage, je voudrais aussi donner un peu d'éclairage sur un aspect de la vie des années
40. C'est grâce au gouvernement que le tissage a été possible dans les paroisses de
colonisation. Il s'est donné des cours durant plusieurs hivers par des institutrices, aux
frais du gouvernement. Même le coton à tisser était donné. Le métier était confié
aux cercles des fermières et celles-ci se chargeaient de le prêter à tour de rôle.
C'était une chance inestimable pour celles qui voulaient en profiter. Maman connaissait
le tissage au métier, mais n'avait jamais su comment monter une pièce. Les cours lui ont
été très profitables.
Le cours de couture ne l'a pas intéressée ayant
confectionné depuis toujours nos petites robes et ensuite les petites culottes, car trois
garçons ont suivi les trois petites filles. Nous n'étions pas exigeants en fait de
vêtements. Du moment qu'on pouvait entrer dans un vêtement, on s'en contentait. Maman
cousait souvent dans du vieux ou dans des coupons qui ne coûtaient pas cher. Moi aussi,
j'ai cousu pour mes enfants, mais dans de l'étoffe toute laine qu'on recevait en échange
de la laine de nos moutons. Mais je n'ai jamais appris à tisser. Quand les cours se sont
donnés, j'enseignais. Par contre, j'ai tricoté quelques couvertes de lit. À
Saint-Samuel, lorsque j'avais 5 ou 6 ans, maman m'avait montré comment tricoter, car je
n'aimais pas les jeux de mes petites soeurs. Lorsque j'étais pensionnaire à Rimouski,
j'ai appris à faire bas et mitaines. Cela faisait partie des cours offerts au programme
du Brevet supérieur au même titre que les cours de coupe et d'art culinaire.
Le gouvernement offrait aussi aux femmes des colons, des
cours de tricot et de cuisine. C'était en somme l'éducation permanente avant la lettre.
Tous ces cours n'avaient pas pour but d'en faire des expertes en art culinaire ou en
couture, mais visaient à donner des idées nouvelles, à élargir les horizons et à
cultiver leur débrouillardise. Il est important de souligner les cours donnés par
l'Union catholique des cultivateurs (U.C.C.) dans La Terre de chez nous. Ces cours
intéressaient autant les femmes que les hommes. Les cours d'action catholique que donnait
le Centre Saint-Germain étaient aussi très suivis.
Le curé invitait souvent un groupe ou l'autre au
presbytère pour se rendre compte du travail accompli. Même monseigneur Parent est venu
lui-même constater nos progrès...! Pour l'une de ces occasions, monsieur le curé avait
choisi quatre personnes qui devaient répondre à des questions préparées à l'avance
que monseigneur poserait. Monsieur le curé avait préparé les réponses que chacune
devait réciter à partir du contenu du Centre Saint-Germain. La première qui a lu sa
réponse était étouffée par la gêne. Comprenez que c'était avant 1950. Jamais on
n'avait vu un laïc parler à haute voix dans l'église. Moi, j'ai trouvé que la réponse
qu'on m'avait assignée correspondait mal à la question, je me suis donc préparé
moi-même une réponse et je l'ai dite avec conviction, je ne l'ai pas récitée comme les
autres. Le curé n'a pas semblé s'apercevoir que sa réponse avait été éliminée. Au
contraire, monseigneur Parent a dit un bon mot pour moi au curé. La soeur du curé m'a
même félicitée personnellement.
Ces cours animaient la vie paroissiale et entretenaient
des relations de bon voisinage parmi la population. Il y existait une véritable vie de
paroisse. Les colons n'étaient pas abandonnés à leur sort. L'entraide et la
coopération étaient chose courante. En général, nos pasteurs soutenaient le courage
des paroissiens, quelquefois même en forçant la main des gouvernants. Avec la
révolution tranquille, c'est devenu une mode de déblatérer sur le clergé et son abus
d'autorité quand ce n'est pas sur son immobilisme. On s'est empressé d'oublier leur
dévouement à la cause de la pauvreté dans les paroisses de colonisation. Combien de
services ignorés rendus par les curés aux colons sans instruction tels qu'écrire une
lettre importante, voir à ce chaque école puisse avoir une maîtresse. Et, comme dans
tout groupe social, il y en avait des bons et des moins bons... Et nos paroisses ont
survécu...! |
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Quant à mon père, en plus de ses tâches
de défricheur, il s'était constitué «boucher» et il passait par les maisons pour
vendre de la viande d'animaux tués sur la ferme. Il a toujours aimé le commerce. À East
Angus, il a distribué La Patrie, journal très en vogue autrefois. En plus, il y
vendait des produits Watkins, qui faisaient concurrence aux produits Rahleigh et Familex.
Les enfants en faisaient la livraison. C'était un commerce assez lucratif, car on ne
courait pas chez le médecin pour un rhume; les marchands ambulants offraient tout le
nécessaire pour les premiers soins. Il n'y avait rien de bien compliqué, des mouches de
moutarde sur la poitrine pour une toux trop persistante; de la fumée pour calmer le mal
d'oreilles, on dit «otite», aujourd'hui, mais ça ne fait pas moins mal. Des ponces de
liniment rouge étaient administrées à ceux qui ne parvenaient pas à se réchauffer. On
peut présumer que le malade était alors aux prises avec une forte fièvre. L'alcool à
friction servait également régulièrement quoique je ne me rappelle pas que maman en
faisait usage. Pour moi, elle a été le seul remède pour tous les «bobos» qui se
présentaient. À ceux qui rétorquaient que c'était bon à rien, je répondais : «Alors,
c'est ma main qui est miraculeuse, car mes enfants parviennent à guérir sans autre
remède».
Dans le langage du bon peuple, les vendeurs itinérants
étaient appelés «pedleur». Il y en avait plein les routes et pour toutes sortes de
marchandises. Ma mère, dans ses jeunes années, avait une peur noire des pedleurs de
linge parce que, la plupart du temps, ils étaient juifs et, très souvent, ils faisaient
montre de beaucoup plus d'insistance que les autres vendeurs. Ils démontraient même de
l'agressivité à l'occasion. Moi, j'ai rarement été sollicitée par des pedleurs.
Est-ce parce que j'avais déjà un petit magasin? Se disaient-ils que je connaissais
déjà les astuces du commerce et qu'ils auraient plus de misère à me convaincre? Ou
est-ce parce que les premiers venus se sont rendus compte que je ne m'en laissais pas
imposer facilement et qu'ils ont passé le mot aux autres? En revanche, j'ai reçu
beaucoup de quêteux à coucher. Ceux-ci étaient nombreux avant que les gouvernements
n'inventent l'Aide sociale actuelle.
Pendant que les hommes s'occupaient à couper du bois,
défricher et cultiver, maman n'était pas inactive. Comme toutes les femmes de la
campagne, elle profitait de l'hiver pour faire du tricot et monter des pièces au métier.
Quand on a peu d'argent, il faut faire profiter le peu qu'on a. En été, c'était le
grand jardin, les fraises, les légumes; ensuite venaient les framboises qu'elle ramassait
par grands seaux de vingt livres. Si, entre temps, il se présentait une veillée, elle
avait encore assez d'énergie pour y aller. Pour compléter le tableau, elle était aussi
sage-femme. Combien de nuits elle passa au chevet de l'une ou de l'autre; mourait-il un
bébé du voisinage, elle était là pour l'ensevelir. Et Dieu sait qu'autrefois, beaucoup
d'enfants mouraient en bas âge. En fait, elle était de tous les métiers, même barbier.
Ses enfants ne peuvent qu'être fiers d'une telle mère.
Malgré toutes ces belles qualités, les épreuves ne
l'ont pas épargnée : beaucoup de maladie dans la famille et la guerre lui ont aussi
causé de nombreux tourments. Pour mettre le comble, son époux meurt par accident le 14
novembre 1955. Il avait 64 ans. Au retour du village, par temps neigeux et chemins
glissants, son tracteur, tirant une «waguine» (6)
(mot inconnu à Saint-Samuel au temps de mon enfance, on employait plutôt le mot
«truck») chargée de poches de moulée, s'est renversé dans le fossé et l'a écrasé.
Josaphat, Alexina, Wilbrod et Georges Arguin étaient présents aux funérailles. Mes
oncles Gendron, Lucien et Antonio ainsi que ma tante Marie-Louise, sont venus aux
funérailles en automobile. Deux des tantes Gendron, Alma et Lucienne, sont venues par le
train. Une tempête de neige sournoise, mais prévisible à cette époque de l'année, a
rendu leur retour difficile.
Les deux tantes Gendron avaient vraiment des caractères
différents. Ma tante Lucienne était comme maman, joviale, optimiste et rien ne
l'embarrassait. Ma tante Alma, au contraire, était une grande nerveuse. Elle ne
supportait aucune contrariété. Il ne fallait pas de tapage, il ne fallait pas d'enfants
autour d'elle. La première question qu'elle a posée une fois rentrée dans la maison fut
donc : «Y a-t-il des enfants ici?» Comme mon frère Armand la connaissait
plus intimement que les autres, il lui a chuchoté à l'oreille : «Non, on les a
tous tués avant votre arrivée.» Elle a accepté cette boutade avec le sourire
même si les circonstances ne se prêtaient pas aux badinages.
Après le service funéraire, le voyage de retour à
Amqui, pour aller y reprendre le train, a eu pour elle l'effet d'une tragédie. Elle
n'avait aucune idée de ce qu'était un voyage en autoneige. Les soubresauts et le tapage
que faisait la porte à chaque fois qu'un passager la claquait lui arrachaient un cri. Et
le chauffeur, d'un naturel plutôt enjoué, un peu interloqué au début, finit par
accompagner chaque cri d'un rire sonore et continuait son chemin, crie, crie pas... Elle a
juré de ne jamais remonter dans une telle voiture.
Malgré leurs différences de caractère, je les aimais
bien ces deux tantes, de même que les deux autres soeurs de ma mère, Albina et Corrine.
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La plupart de ceux qui ont moins de 40 ans
n'ont pas une exacte notion de l'autoneige, cette voiture que tout le monde appelait
«snow», et qui n'a jamais été reconnue pour son confort. Le chauffeur du «snow»,
Adrien Gagné, un cousin de Léo, connaissait bien son monde et la route puisque, l'été,
il prenait le volant de l'autobus. Il commençait son itinéraire dans le rang 5, un rang
devenu très populeux après 1945. Il ne refusait jamais personne. Quand toutes les places
étaient prises, il acceptait une deuxième rangée. Cette deuxième rangée avait pour
sièges, les genoux des premiers arrivés. Même le «Snow» plein, il y avait encore de
la place. Les chauffeurs d'autobus de Montréal n'ont rien inventé : «Avancez
à l'arrière...!». Adrien aurait pu ajouter : «Empilez-vous, ça
réchauffe!» Les passagers prenaient la chose avec autant de bonne humeur qu'Adrien.
Ceux-ci n'étaient pas tous des «gros gras». Un, en particulier, s'est fait demander :
«s'il s'était fait affiler les os» parce que celui qui le portait sentait des
épines lui rentrer dans la chair. Par contre, si le «gras» était sur le dessus, il se
faisait dire : «Mais t'es donc bien pesant, traînes-tu des roches dans tes
poches...?» Heureusement, les chemins «d'été», maintenant accessibles douze mois
par année, ont éliminé ce «snow» qui a quand même rendu de grands services.
Moi-même, j'en ai été une bénéficiaire. Alors
que j'étais enceinte de Léonard, j'étais alitée depuis une semaine et une grosse
tempête rageait depuis le matin. Ma mère me voyant blêmir un peu plus à tous les
jours, je faisais des hémorragies, avisa mon mari qu'il fallait faire quelque chose. De
peine et de misère, mon mari a attelé sur la carriole, Rosée, une petite jument brune
rapide mais docile, et ils sont partis dans la poudrerie. Il est allé consulter mon
docteur qui a répondu qu'il était dans l'impossibilité de venir me voir. Mon mari a
fait appel à un autre docteur qui, lui, a dit que : « La seule façon de la
sauver est d'aller tout de suite à l'hôpital». Alors, monsieur Louis Simard et son
fils furent contactés et ont consenti à nous conduire à Rimouski avec le «snow». Un
matelas a été placé dans le fond et on m'y a installée. On a quitté Saint-Tharsicius
à 6 heures 30 du soir. A quelques endroits, mes sauveurs ont dû sortir avec leur pelle
pour se frayer un chemin. Il était près de minuit, à notre arrivée à l'hôpital de
Rimouski. Le «snow» m'a sauvée, puisque vous me lisez. Mon retour, en avril, s'est
effectué en automobile, cette fois.
Lors du décès de mon père, les chantiers d'hiver
étaient commencés. Mes frères, qui y étaient, ont appris par la radio la mort de papa.
La radio se trompe, se dirent-ils. C'est maman et non papa, car maman était malade depuis
longtemps. Mais la radio ne se trompait pas... Mes deux frères avaient confié à mon
père leur besogne d'étable, ils ont dû réviser leur projet. Maman, n'ayant pas
l'énergie pour continuer à tenir logis, est venue finir ses jours avec moi. C'était une
façon de prendre sa retraite bien méritée puisqu'elle avait 60 ans. Elle est morte le
12 mai 1972, à l'âge de 77 ans. Après toutes ces épreuves, elle a recouvré la santé
et à tous les ans, elle allait passer l'été dans sa parenté. De pouvoir goûter à la
joie de revoir tous les siens lui a été un vrai tonique. Plusieurs de sa parenté ont
cru qu'elle s'était ennuyée beaucoup dans la Matapédia... Hé bien! je crois qu'elle ne
s'est pas ennuyée une seule minute avant la perte de son mari. Elle avait un caractère
jovial et plein d'entregent; elle savait s'adapter à tout. Rendue chez moi, ce fut
différent. Coupée de son milieu et loin de la maison où elle avait vécu durant
vingt-cinq ans, ce fut un transfert dur à vivre. «Ah! c'est ennuyant chez
Germaine...» disait-elle à l'occasion. Ne tenant pas maison, elle était sans
projet. Toutes les personnes en centre d'accueil vous diront la même chose : on est
bien, mais c'est ennuyant.
De plus, mon caractère était aux antipodes du
sien : j'aimais à lire et j'appréciais le grand silence alors qu'elle avait
toujours une anecdote ou un sujet de discussion. Heureusement, elle prenait sa revanche
avec les enfants, et même avec mon mari. Il leur arrivait d'avoir des prises de bec
«amicalement, j'entends». Elle se disait contente que Léonard dîne à la maison, il
égayait le repas avec ses réparties. Elle trouvait mon aîné très gentil avec elle.
Quant à ma petite fille, elle la trouvait coquette, car elle se permettait d'aller
fouiller dans les bijoux de sa grand'mère.
Elle était une grande conteuse. C'est certainement avec
des personnes possédant ces facilités que se perpétuaient les traditions orales à
l'époque où la parole avait plus d'importance que l'écrit. Au retour de son voyage
estival, habituellement sur le train de fin de journée, elle avait à peine déposé ses
valises et enlevé son chapeau qu'elle s'assoyait dans son fauteuil brun, près de la
grille de la fournaise, pour attendre la première question. Immanquablement, les enfants
l'interpellaient à peu près comme ceci : «Puis, Mémère, qu'y a-t-il de
nouveau?»
Inévitablement, elle se mettait à raconter son voyage en
commençant au moment où elle avait quitté la maison au printemps. Elle manipulait
certainement avec brio les mots et les faisait chanter sur un rythme adéquat si l'on se
fie à la réaction des enfants. Ils s'installaient le plus près possible d'elle pour ne
rien perdre et ne voulaient plus rien savoir du coucher. Ce n'est qu'au moment où ils
avaient l'assurance qu'elle continuerait pour eux le lendemain qu'ils consentaient à
gagner leur lit.
Moi, je m'intéressais à ses récits la semaine qui
suivait son retour parce que j'aimais bien avoir des nouvelles de tout ce monde avec
lequel elle avait renoué au cours de l'été. Après, je laissais aux enfants le soin de
l'écouter. Ils prenaient toujours plaisir à l'entendre, même s'ils ne connaissaient pas
les personnes qu'elle nommait. Pour eux, cela avait le charme des contes de Perrault. Avec
le temps, j'avais l'impression que les enfants connaissaient intimement les personnes pour
lesquelles elle avait mis le plus de conviction dans ses descriptions.


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1. Selon le Dictionnaire nord-américain de la langue
française compilé par Louis-Alexandre Bélisle (Librairie Beauchemin, 1979), campe se
définit comme suit : Cabane faite de troncs d'arbres, servant d'habitation temporaire
aux colons nouvellement arrivés. Aujourd'hui on dit «camp», ça fait plus
distingué... mais c'est la même sorte de cabane.2. Mot coutumier de l'époque de la
colonisation signifiant traîneau rudimentaire à patins non ferrés qui sert à
transporter les charges de provisions dans la forêt.
3. Lit de camp fait de branches de sapin ou de cèdre.
4. Amas de paille enfermée dans une toile.
5. On écrit ce mot avec un «t» quand on abat les arbres
et on utilise deux «t» quand on les brûle.
6. Truck : Chariot, wagon pour le transport des
marchandises.
Waguine : wagon de ferme soit voiture légère à
quatre roues servant au transport. |
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